#5 Le cul dans les films pas de cul. Un faux prétexte pour la branlette dissimulée ?

Les relations sexuelles ou les clins d’oeils orientés cul dans les films c’est cool. Cela donne un petit coté réaliste à l’histoire. Il y a juste que des fois, non, je n’étais pas sur PornHUB, mais j’ai quand même eu le sentiment de devoir effacer mon historique après la séance.

La vie d’Adèle sort au cinéma. Gros succès. J’attends un peu pour m’y intéresser. Deux ans.

Topo : deux lesbiennes, moins de dix huit ans qui se prennent en ciseaux face caméra. Pas de gros artifices, le réal aime les choses dépouillées, on cache juste un peu les minous lors des scènes de sexe pour que ça passe au CNC.

« Ouah, dis donc c’est un bon résumé de connard ça. »

Oui. Mais attends c’est pas tout.

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En revanche on y va à fond sur les poitrines, la chair, on est en France, ça le fait grave. Je ne vais pas parler des actrices. Juste des spectateurs. Des mecs. Du moment où ils ont vus le film au cinéma, du moment où chez eux ils ont cherchés des photogrammes, du moment où les premiers screeners HD arrivaient en P2P, du moment où ils ont achetés le Blu-ray, du moment où ils se sont tapés des queues et du moment où ils se sont rachetés en disant que c’était du putain de cinéma. La découverte de l’amour, de sa sexualité, une grande étape de la vie pour les nostalgiques d’une adolescence un peu gâchée ou pleine de regrets. Du bon kechiche comme on aime n’est-ce pas.

Pas de problème dans les films, c’est rigolo de voir des gens se troncher.

Mais dans certains films comme LVd’A où tu as des plans bruts de cul pour dire « Tu ne savais pas comment deux nenettes pouvaient baiser sans bite, maintenant, t’es fixé. » Là c’est what the fuck (ahah, the fuck, t’as compris). Je ne dis pas que c’est scandaleux d’avoir une scène de cul homosexuelle au contraire (Spéciale dédicasse à C. Boutin), je dis juste que je ne vois pas l’intérêt dans l’histoire d’en mettre autant et de cette manière, surtout que tu le vois sur leurs gueules que c’est pas la fête du string.

Pour moi, ça ressemble à un gros kiff pervers. Quand je vois ces scènes, j’ai vraiment l’impression que le mec a filmé avec sa queue. J’ai l’impression d’assister au fantasme de toute une génération de gars bandants sur la beauté de la jeunesse féminine, un prétexte pour mater des belles gonzesses s’amuser entre elles mais de se dire que vu que c’est du cinéma, c’est bon.

Ca ne me dérange pas le fait que des hommes matures ou moins matures soient attirés sexuellement par des femmes ayant vingt ans de moins qu’eux, c’est la vie, il y a des choses qui ne se contrôlent pas. – Attention Emile, toi et t’es potes êtes des cas à part et tu mérites pas d’avoir un zgueg -. Mais il y a un moment où il faut que tu t’assumes, putain. Et ne me dis pas que Adèle Rastapopoulos est une putain d’actrice, une ovni sortie de nulle part et qu’elle déchire tout. Elle te déchire le slip ouai.

 

emile louis

 

On remplace les deux filles par un mec aux cheveux roses et un autre gars d’une cité, ça donne quoi ? Est ce que des scènes de sodomies, de broutage d’anus poilu, de fellations entre keumés auraient reçues le même accueil enthousiaste en France ?

Brokeback Mountain a fonctionné car la scène de sexe se fait dans la pénombre et on ne voit rien. Plus facile de simuler du plaisir quand tu n’as pas vraiment ton sexe dans le cucul du copain. Ça sent le vrai, ça sent le mouton et la montagne, t’y crois et c’est saisissant. Après si ça se trouve, ça aurait été super bien filmé ça aurait cartonné. Peut être que des femmes se sont aussi tapées des petits délires devant cette séquence mais c’était en détournant le sens comme les hommes peuvent le faire aussi sur des scènes bien jouées avec leurs actrices préférées en petites tenues ou sans tenue du tout.

 

Séquence 1, intérieur, nuit, dans une chambre :

*Attention… Baisez… et… Action !*

 Slurp, slap slap slap slap fchttt…

 

Kechiche est le chef d’orquestre d’une baise sans sentiment, dépourvue de sensation à part peut être le mal aise ambiant. J’aime pas trop Lars Von Machin mais de ce que j’ai vu, même si c’est trafiqué à mort en post-prod, t’as envie d’y croire un peu quand tu vois les scènes de cul. Il y a une petite étincelle de réalisme. Avec Kechiche, tu te demandes s’il n’a pas fait un stage d’étude chez Dorcel avant de devenir vraiment réalisateur. D’ailleurs si on cherche les scènes de sexe du film sur le net, ce n’est pas vraiment difficile à trouver, au contraire. Depuis 2013, elles pullulent sur les sites de cul. Elles sont devenues de vraies références en terme de scènes de sexe à branlette sur le net. Après c’est ce qu’on m’a dit, hein. Mais personne n’est choqué de se dire « je me tape une branlette sur des ados ». Certes ce sont des jeunes femmes. Mais on se glisse quand même dans la peau d’un pedobear, non ? Ah mais non, c’est vrai, c’est du cinéma naturaliste. Oups. Où est le sopalin ?

 

chenipan

 

Cet article n’est pas sponsorisé par Le Figaro, au cas où les plus réac d’entre vous seraient révoltés qu’on se soit attaqué à leur film préféré depuis Les Valseuses. Je ne suis pas non plus un gros coincé puisque moi aussi j’attends qu’Emma Watson fasse sa première scène dans Game of Thrones. C’est juste qu’à un moment, quand tu entends le mec assis à ta gauche et celui à ta droite avaler leurs salives, se redresser sur leurs sièges et éventuellement se remettre discrètement le pénis entre les couilles, tu te dis « mais qu’est ce que je suis allé voir encore. ».

Peut être que j’ai mal vécu cette expérience, celle de me retrouver accompagné de 130 personnes face au fantasme masculin le plus répandu de manière publique et complètement décomplexée. Moi je n’ai pas bandé pendant cette séquence. A cet instant, je pensais très fort à des petits chiots morts décapités par des talibans.

Messieurs, soyons honnêtes, ça vous arrive de temps en temps d’avoir le zibouiboui qui se met en pilotage automatique quand on est devant la télé, au ciné, en train de regarder une série. Une scène cochonne, ça éveille toujours en nous le désir de s’y mettre aussi avec sa partenaire ou n’importe qui pour les moins fortunés du cœur. A ce moment on a qu’une option : quitter l’écran du regard et réciter sa table de treize et demi.

Bref, je suis sorti de cette séance en me disant que je détestais encore plus les pingouins qui donnent des récompenses aux films, les imaginants parler comme Rosine Bachelot dans les guignols de l’info, ayant un porte feuille remplis d’oscars et qu’ils les jettent en l’air comme le font les rappeurs avec les billets dans les clips. Ça m’a un peu consolé.

En sortant de la salle, horreur au dernier rang, parmi les restes de popcorns et les autres dégueulasseries laissées par les spectateurs, deux caricatures de cinéphiles les larmes aux yeux en train de se perdre dans l’ascension des noms du générique de fin. Le monde part en couilles mais heureusement, elles vont bientôt se vider. Classe.

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