#7 Les séries TV – oui, encore – abandonnées comme des enfants laids et cons.

Sur Terre il y a des baltringues. Ceux qui exterminent des populations entières, ceux qui prennent les plages pour des cendriers géants, ceux qui caressent les chats pas dans le sens du poils et ceux qui abandonnent des séries aussi bonnes que ta mère.

Tu te rappelles ce sentiment d’extrême déception quand tu apprends que ta série ne sera pas reconduite : cette incompréhension envers le monde et cette peur quant à ton propre futur sans tes épisodes hebdomadaires. Ce sentiment d’abandon, comme si tes parents t’avaient largué dans un caniveau juste parce que t’es trop moche.

Ce moment où tu te poses mille questions : pourquoi ? Comment ? Tu te dis «  putain, si c’est à cause du manque d’audience, je vais buter tous ces connards en train de regarder leurs séries de merde en versions doublées ». Si seulement tu pouvais.

Tu ne deviens pas dingue, c’est normal, on t’a laissé là sans t’expliquer ce qui allait se passer pour tes personnages préférés – et même si parfois ce sont de gros fils de putes, tu n’as pas envie de les laisser, ils sont ton quotidien, ce que tu refoules ou ce que tu rêves d’être, les atrocités que tu as plaisir à regarder car ça te permet d’extérioriser, d’exorciser, te sentir différent ou l’inverse, tout un tas de trucs qui t’ont rendu accro.
Pour certains le sevrage va se faire facilement mais pour d’autres, ça va être long et douloureux, comme une première sodomie.

 J’ai eu trois, voir quatre gros chagrins de séries télé. Chacun ses goûts hein – je dis juste que certaines personnes en ont des mauvais. Ces séries ont été annulées par manque d’audience, chaines avec des grilles blindées de daubes, série qui devient répétitive ou parfois des motifs complétements dingues …

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Flash Forward. Une saison. Raison de l’arrêt : mauvaise audience.

Quand on lit les commentaires sur cette série on s’aperçoit vite que l’audience maigre est due au lot de connards qui avaient la flemme de s’intéresser au fond de la série et qui ont arrêtés de regarder en accusant un scénario trop cérébral pour leurs crânes de mongoliens. Soit disant un fil conducteur qui part en sucette petit à petit.

En une saison, cette série a fait mieux que d’autres qui en ont mis quatre pour gagner en intérêt. Un des deux scénaristes a bossé sur Star Trek une bonne partie de sa vie, preuve que ça partait déjà avec un bon bagage (je ne parlerais pas du deuxième qui est l’auteur de Da Vinci’s Demons : se référer au précédant article.).

Le scénario était ficelé et original, un bon rythme soutenu puisque les acteurs jouaient contre le temps et un peu comme dans 24, c’était presque du temps réel. La série est sortie après Lost et d’après ce que j’ai lu à droite puis à gauche ça aurait dû être un carton. Mieux, ça l’a été. ALORS POURQUOI ?

Vous rappelez-vous votre premier chagrin d’amour ? La petite Georgette qui vous trouve trop gros et boutonneux comparé à Régis du CM2 qui a plus de pogs que tout le monde ? Vous souvenez-vous comme il était facile d’aller lui niquer sa race de fils à papa avec les copains pour le rendre moins beau ?
Je m’étais tellement accroché à ce petit rendez-vous sur Emule à l’époque. Je téléchargeais des séries comme un cochon avec la connexion de mes parents, un ou deux épisodes pour chaque soir, un peu comme un plan cul régulier. Et le jour où la fille t’appelle pour te dire que, bin voilà, c’est fini, ça te fait le même effet. Comment tu vas divertir les jumeaux ? Bref, pour en revenir à Régis du CM2, j’avais envie de casser la gueule à ces bâtards d’ABC de me priver de ma dose. Certes c’était la fin de la saison, mais sans la frénésie de penser aux sept mois d’attente pour avoir la suite. Un peu comme quand tu perds quelqu’un, faut que tu te dises que c’est fini.

Mais sérieusement. Le scénario, le casting, l’image, tout. Les gens sont vraiment cons. L’espèce humaine a vraiment un souci. D’abord Hitler puis Ben Laden puis les anges de la télé réalité puis les Dislikers complétement débiles, la pire race d’ordures, enfin presque. Je vous invite vraiment à aller jeter un œil à cette série. Elle vous accrochera si vous êtes un peu ouvert.

 

Stargate Universe. Deux saisons. Raison de l’arrêt : la vie.

Tu te dis qu’une fois le premier chagrin passé, tu ne te feras plus jamais avoir. Ça sera triste, tu te diras que c’est dommage et basta, il y a tellement de séries à regarder de toute façon. Sauf que la fin de cette série en deux saisons n’a pas simplement clôturé une histoire, elle a mis un terme à toute une franchise – LA franchise qui m’a accompagné durant toute mon enfance et ma jeunesse.

Stargate, je pensais que c’était un peu comme Les feux de l’amour, que quand je serais vieux, il y aurait toujours une couille entre les Tok’Ra et les jafa rebelles.

En même temps je ne me voilais pas la face : SG-1 finissait un peu comme un cheveu sur la soupe, Atlantis ça allait à peu près, mais tout ça sentait le roussi ; si Universe ne levait pas la barre plus haut, ça serait la fin.

Comment faire plus beau que quatorze années d’excellence ? Honnêtement, c’est toujours mieux quand les séries tirent leur révérence avant de se saborder. C’est juste que, cette fois-là, ç’a été un peu dur. Un peu comme quand on met son doudou au placard parce que ça y est, on est grand, ou quand tu te rends compte que tu as supprimé le numéro de tes ex alors que tu t’es fait plaqué.

En référence à la génération précédente, Star Trek a souffert de son manque de popularité vers la fin. Même avec une communauté immense, une grosse pression de la part des fans : les bonnes choses ont une fin. Tant mieux d’un coté car je n’aurai pas supporté que ça devienne de la grosse bouse avec un casting dégueulasse rempli de beau gosses jeunes et musclés. J’aurai juste aimé voir au jour le jour Richard Dean Andersson devenir obèse et les seins d’Amanda Tapping tomber sous leurs poids.

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FireFly. Une saison. Raison de l’arrêt : fausse mauvaise audience.

Le numéro 1 de mes chagrins de petite connasse, c’est pour cette série.
Comment dire. Commençons calmement par la définition du mot « absurde ».

Absurde : Nom masculin, adjectif.
Insensé, contraire à la raison, dénué de sens.
Synonyme le plus répandu : WTF.

L’absurdité ici, c’est la raison pour laquelle la série n’a pas été reconduite. La Fox, la chaine qui la produisait, posa en premier lieu le problème de l’audience. Certes. L’audience était mauvaise, mais pour une fois si la série n’a pas marché, ce n’était pas à cause des spectateurs. La série a été tout bonnement court-circuitée, tel un gigantesque foutage de gueule comme pourrait le faire TF1 ou M6. Les épisodes de la série n’étaient à l’époque de la diffusion US (on est en 2002) pas diffusés dans l’ordre, si bien que les gens ne pigeaient rien à l’histoire et n’ont pas accrochés. Normal. Pire, certains épisodes avaient été raccourcis de manière aléatoire pour laisser place à d’autres programmes pour que tout rentre dans la grille. De plus, comme si la FOX était persuadée que la série ne marcherait jamais, elle ne l’a pas diffusée sur le câble (et au US, une bonne partie de l’audience s’y trouve). Moralité, pas de deuxième saison programmée. Quand les spectateurs du reste du monde ont découvert avec enthousiasme Firefly, il était déjà trop tard.

C’est la meilleure série de space opera que j’ai jamais vu. Une originalité à toute épreuve : du western avec des vaisseaux spatiaux à la place des chevaux. Marrante, de l’action, un casting génial et des acteurs qui sont devenus cultes, peut-être même prisonniers dans leurs rôles malgré eux (clin d’œil à la série Con Man). Tout était convaincant et on ne pouvait que se dire que cette série avait au moins quelques années devant elle. Quelques années plus tard on a eu le droit à un super film qui clôturait plus ou moins l’histoire. J’espère que ces connards de la Fox s’en sont mordus les doigts. A l’instar de Sheldon Cooper, je rêve depuis d’une saison 2 sortie de nulle part.

Au final, je suis sûr que les gens qui annulent les séries sont les mêmes connards qui abandonnent leurs animaux au bord de la route ou qui ne lèchent pas l’opercule de leurs yaourts.

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Mes autres « déceptions », ce n’était pas vraiment parce que la série s’arrêtait. Enfin si, mais tout était prévu : pas d’annulation, juste la fin d’une histoire, temporaire ou pas.
Mais ce qui m’a troué le slibard, c’est que la fin soit ouverte, qu’elle ne révèle pas tous les secrets ou ne réponde pas à toutes les questions. Le fait de rester dans l’incertitude d’une éventuelle suite un peu plus tard dans le temps, ça te fout un putain de cafard.

Sans en parler en détail, je nommerai trois exemples : The Lost Room, Twin Peaks (en se replaçant dans le contexte de la fin de la série en 1991, comme si on ne savait pas que la saison 3 allait sortir en 2017) et X-Files (pareil pour que Twin Peaks avec la nouvelle saison sortie en 2016).

Heureusement, parce qu’elle a engendré plein d’autres séries par la suite, j’avais l’impression que Twin Peaks continuait son bonhomme de chemin. Faut dire que je ne l’ai regardé qu’à partir de 2010, donc un moment après sa disparition des écrans. Je l’ai connu à travers X-Files – qui est pour moi son premier gosse légitime – et je n’étais qu’un gamin à ce moment là. Le sigle « -12 » était encore un simple petit rond bleu en bas de l’écran et je devais regarder en cachette les épisodes que mon frère et ma sœur avaient enregistré sur des VHS – non sans d’affreux cauchemars la nuit venue. A cette époque, c’était simplement quelques épisodes par ci par là et je ne comprenais pas la moitié de ce qu’il se passait, mais j’avais l’impression d’être un grand en regardant Mulder et Scully et déjà si tôt, je voulais qu’ils tronchent ensemble. Plus tard, avec l’arrivée du jeu sur Playstation 1 (on est en 1998), je deviens fan et neuf ans plus tard, j’avais regardé toutes les saisons (sans Internet, je t’avouerais qu’on en chiait un peu plus pour regarder des séries avant, gamin). Donc, quand la série a tiré sa révérence en 2002, et qu’en 2007 j’ai su que c’était la fin, je peux dire que c’était ma première déception face au petit écran.

La déception de se dire : c’est fini et on ne verra peut être jamais comment nos personnages vont finir quant au futur qui nous est proposé dans cette fin.

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